Coronavirus: the French Space Agency (CNES) innovates to optimise the use of medical respirators

News // 20 March 2020

 

 

 

 

 

 

Les équipes du Cnes de Toulouse ont conçu en urgence un dispositif pour permettre de connecter jusqu’à trois personnes sur le même respirateur médical. Près de 50 exemplaires de ce nouveau « diviseur de flux » doivent être envoyés à l’hôpital parisien Pitié Salpêtrière d’ici la fin de la semaine pour les aider à face face à l’afflux de patients atteints du Covid-19.

 

Dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus, toutes les entreprises et organisations qui le peuvent tentent d’apporter leur pierre à l’édifice. Le Centre national d’études spatiales (Cnes) ne fait pas exception. C’est à la demande de son directeur général Lionel Suchet, en lien avec les réanimateurs de l’hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière, que les équipes toulousaines du Cnes ont cherché à pallier le manque de respirateurs médicaux.

« Nous avons d’abord pensé à fabriquer des respirateurs low cost et low tech, qui puissent fournir une assistance respiratoire à des patients gênés mais autonomes, pas encore placés sous coma artificiel, raconte Éric Boussarie, responsable de la sous-direction Préparation du futur, au centre spatial de Toulouse. Mais en réalité, l’état de ces patients dégénère très vite, et ce sont surtout de respirateurs lourds dont les soignants ont besoin ».

 

Jusqu’à trois patients en même temps

Or, les respirateurs médicaux sont des équipements très complexes. Ces machines doivent pouvoir souffler de l’air dans les poumons des patients sous coma artificiel, en maintenant une pression minimum afin que les alvéoles pulmonaires restent gonflées – ne se collent pas -, tout en gérant la reprise progressive du processus de respiration naturelle au réveil du malade. Des groupes dont ce n’est pas le domaine d’activité classique comme PSA, Renault ou Valeo, ont par exemple déjà agi la semaine dernière en venant à la rescousse d’Air Liquide Medical Systems, le seul fabricant français de ce type d’appareils.

Les membres du fablab du Cnes ont donc pensé à une autre solution, plus simple à réaliser, mais tout aussi utile : « Nous avons conçu un tube en forme de Y, un déviateur de flux qui permet de brancher deux à trois patients à la détresse respiratoire similaire, sur le même respirateur », partage Éric Boussarie. En une semaine, le premier prototype était né. Une commande de 50 exemplaires de la version deux, validée par les réanimateurs de la Pitié Salpêtrière, est déjà en cours de fabrication et devrait être livrée cette semaine. « L’avantage de ce prototype réalisé en fabrication additive est que n’importe quelle personne ou entreprise équipée d’une imprimante 3D peut le fabriquer grâce aux plans en accès libre que nous venons de valider », ajoute Éric Boussarie.

 

Des pousses seringues low tech

Par ailleurs, l’équipe toulousaine travaille à la demande des médecins sur des pousses seringues, éléments qui pourraient bientôt venir à manquer. Les patients sous coma artificiel sont en effet reliés à six seringues afin de recevoir glucose, substance hydratante, anesthésiant… Le système de pousse seringue low tech en cours de développement à Toulouse, pourrait, afin d’être soumis à moins de normes, équiper les seringues ne prodiguant pas une substance vitale, c’est-à-dire pouvant tomber en panne. « Une fois le prototype validé, nous devrions travailler avec les PME Erems (152 salariés ; CA 2019-2020 : env. 15 M€), Comat (105 salariés ; CA 2019 : 9,8 M€) et Soterem (49 salariés ; CA 2019 : 9,1 M€), qui ont accepté de nous soutenir bénévolement pour la fabrication », se satisfait le sous-directeur de l’unité Préparation du futur.

 

Enfin, depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, les ingénieurs toulousains du Cnes ont aussi travaillé sur des visières de protection en impression 3D. Une sous-direction technique dans la chimie a également fabriqué du gel hydroalcoolique avec les matières premières qui lui restaient. Et pour finir, le site du Cnes de Toulouse a fait don de 90 000 masques.